Au sahel il est tout : secrétaire permanent, chargé de matériels, psychologue, porteur d’eau, bref il est tout pour ce club qu’il a servi pendant des années sans rien demander en retour. Juste par amour pour le sahel qui lui a permis d’assouvir sa passion du football. Du fervent supporter qu’il était, Assoumane Adamou est devenu un conseiller attitré des dirigeants du club et un ami inconditionnel des supporters et des joueurs. Agé de cinquante ans aujourd’hui, marié et père de cinq enfants Assoumane Adamou a démontré au fil des années qu’il reste et demeure le pilier de toujours sur lequel le club doit compter pour travailler avec confiance.

« J’ai commencé à travailler au Sahel en 1994, mais avant j’étais un farouche supporter. Depuis le temps des Harakoye Toutou, le sahel me faisait vibrer. Ensuite le club a connu de grands joueurs comme les frères Kanfideni, Moussa et Garba, Boubacar Yayé, Hassan Hamidou, Cheick Omar Diabaté, bref je ne peux pas tous les citer. Il avait un engouement autour du club partout où nous nous déplaçons. »

Asmane

Lance ce monsieur au calme naturel. Ainsi de 1994 en 2016, il a été aux cotés des jaunes et verts qui ont remporté plusieurs trophées sur le plan national, imposant leur suprématie aux autres clubs locaux. De ces titres, deux l’ont marqué profondément.

« D’abord, il y’a eu une finale de coupe du Niger contre la JST le 03 Aout 1996. Nous étions menés et le Sahel s’est réveillé pour renverser la tendance et gagner par trois buts à deux (3-2) grâce à l’entrée de Mounkaila Ide. L’ambiance était indescriptible. L’autre match c’était contre l’AS Garde nationale au moment où on les appelle AS FNIS. C’était lors de la finale de la super-division en 2004, où le vainqueur est consacré champion du Niger. Nous les avions battus par quatre buts à zéro (4-0) et ce jour les supporters et encadreurs de l’AS FNIS s’étaient pris à moi en disant que je détenais des ‘’choses’’ et que toute la force du Sahel était dans ma main. C’était incroyables, mais après le match ils étaient revenus à de meilleurs sentiments et s’étaient donc excusés auprès de moi. »

Asmane

Homme providentiel, le ‘’Permanent’’ est aussi un homme sérieux. L’ancien joueur et entraineur du Sahel (aujourd’hui à l’AS FAN) Zakariyaou Ibrahim connait bien la personne pour avoir travaillé avec lui des années durant.

« Je n’ai pas de mot pour le décrire honnêtement. Une chose est sûre, je ne l’ai jamais vu se disputer ou s’en prendre à un dirigeant, un joueur ou un supporter. Nous qui sommes entraineurs nous connaissons l’importance de Permanent car il est toujours disponible et nous facilite beaucoup de chose dans le cadre de notre travail. C’est un Monsieur indispensable pour le Sahel »

Zakariyaou Ibrahim

De son coté Salifou Badjo, supporter du sahel SC, reconnait lui-même les valeurs intrinsèques de l’homme

« Permanent je l’ai connu avant même qu’il ne commence à travailler pour le Sahel. Il était supporter et depuis je l’ai toujours vu aux cotés du club. Il ne parle pas beaucoup et donne toujours de bons conseils aux dirigeant et joueurs. Je crois que Permanent, c’est lui-même le Sahel »

Salifou Badjo,

Dans un pays où la pratique du sport ne nourrit pas véritablement son homme, Asmane Adamou lui, a démontré qu’aimer son travail est avant tout une question de dignité et de responsabilité. Le métier de chargé de matériel est une lourde responsabilité

« ce n’est pas un métier facile je vous jure. Quand on te confie tous les biens d’une structure, il faut beaucoup de patience et de sérieux pour assurer le travail. Dieu merci en vingt deux ans de service, mes employeurs ne m’ont jamais fait de reproche et j’en suis très fier. »

Asmane

Aujourd’hui le permanent qui a tout connu avec le Sahel en ses heures de gloire est meurtri dans son âme par rapport à la baisse de régime de son club de cœur. Pour lui les jeunes d’aujourd’hui sont à des années lumières des anciens joueurs en matière de qualité

« Quand je vois le Sahel d’aujourd’hui, comparé à celui d’avant, je suis un peu dégouté . Avant quand on se déplaçait ou si nous jouons à Niamey, le stade se remplit comme un œuf. Les supporters se déplaçais pour voir tel ou tel joueur du Sahel et je vous assure le spectacle, les buts, le beau jeu, les dribbles étaient toujours au rendez vous. Quand tu as connu tout cela tu ne peux être que déçu par niveau actuel du football nigérien »

Asmane

Ce qui est certain Permanent qui a décidé de mourir pour la cause du club mythique des verts et jaunes du nouveau marché ne pensent pas à une reconversion. Cet expérimenté encadreur sportif va certainement suivre avec minutie la carrière naissante de son jeune fils Abdoul Karim qui évolue avec les moins de Dix sept ans du Sahel. Toutefois, le Bureau exécutif du club doit déjà penser à une récompense digne de la carrière du Permanent, qui avec le poids de l’âge sera bientôt à la retraite. Dans un pays qui n’a pas de politique de suivi des anciens sportif, le SSC fera ainsi exception à la règle.